331 - L'angiostrongylose chez le nourrisson à la Réunion et à Mayotte. À propos de trois méningites à éosinophiles dont une radiculomyéloencéphalite avec hydrocéphalie fatale (courte note).
Angiostrongylus eosinophilic meningitis in Reunion and Mayotte islands. Report of 3 cases in infants including 1 fatal radiculomyelo-encephalitis with hydrocephalus.
Graber D, Jaffar MC, Attali T, Poisson J, Renouil M, Alessandri JL & Combes JC
L'angiostrongylose, parasitose largement répandue dans le Sud-est asiatique et le Pacifique, se manifeste classiquement par une méningite bénigne à éosinophiles.<br>Observation<br>Cas n°1. R.M, vivant sur l'île de Mayotte, âgé de 11 mois, a présenté un rash cutané transitoire et une fièvre rapidement associée à des convulsions prolongées, puis à un coma avec tétraparésie flasque, abolition des réflexes ostéo-tendineux et béance anale. Il existait une hyperéosinophilie sanguine et une méningite à éosinophiles. Secondairement, l'enfant a développé une hydrocéphalie triventriculaire conduisant à une dérivation ventriculo-péritonéale. Après trois semaines d'évolution, l'enfant est décédé de troubles neurovégétatifs majeurs. Rétrospectivement, le diagnostic d'angiostrongylose a été retenu avec l'aide de la sérologie.<br>Cas n°2 et 3. Il s'agit de 2 nourrissons vivant sur l'île de la Réunion, et qui ont présenté à l'âge de 10 et 11 mois des vomissements fébriles persistants associés à une irritabilité et, pour le cas n°3, à une parésie unilatérale du nerf moteur oculaire externe. Tous deux avaient une hyperéosinophilie sanguine et une méningite à éosinophiles. Dans les 2 cas, l'évolution a été favorable avec guérison complète et le diagnostic suspecté d'angiostrongylose a été confirmé par la sérologie.<br>Nous rapportons le premier cas d'angiostrongylose aux Comores, sur l'île française de Mayotte. Nous confirmons l'existence de cette parasitose à la Réunion. Dans cette région de l'océan Indien, le nourrisson est la cible privilégiée du parasite. À cet âge de la vie, les formes sévères, voire mortelles, radiculomyéloencéphalitiques, ne sont pas rares, la contamination à partir de l'escargot terrestre géant d'Afrique, Achatina fulica, étant massive. Toute méningite chez un enfant vivant ou ayant séjourné récemment à la Réunion ou à Mayotte doit faire envisager le diagnostic d'angiostrongylose, l'hyperéosinophilie sanguine pouvant orienter le diagnostic. Dans ces zones à risques, des mesures préventives sont souhaitables afin de limiter l'incidence d'une maladie pour laquelle il n'existe pas, à l'heure actuelle, de traitement ayant prouvé son efficacité.
Eosinophilic meningitis caused by Angiostrongylus cantonensis is widespread in Southeast Asia and Pacific islands. Adults develop a transient meningitis with a benign course but severe or fatal disease may occur in pediatric patients.<br>Case report 1. A 11 months old boy living in Mayotte island was hospitalized some days after fever and skin rash with seizure status, coma, flaccid quadriplegia, absence of deep tendon reflexes, urinary retention and anal incontinence. Eosinophilia was observed in peripheral blood and in the cerebrospinal fluid. Secondary, he developed a triventricular hydrocephalus treated by a ventriculoperitoneal shunt. After 3 weeks, the child died. Retrospectively, the diagnosis of angiostrongylus infection was established with the help of serology.<br>Case reports 2 and 3. Two infants, 10 and 11 months old boys, living in Reunion island, developed fever and vomitings, irritability and, for one of them, a unilateral sixth cranial nerve palsy. There was eosinophilia in the peripheral blood and in the cerebrospinal fluid. All symptoms progressively disappeared with complete recovery. The suspected diagnosis of angiostrongylus infection was confirmed by the serology.<br>We report the first case of Angiostrongylus cantonensis infection in the French island of Mayotte (Comoro Islands) and we confirm the presence of this disease in Reunion island. In this Indian Ocean area, eosinophilic meningitis occurs most of the time in infants with sometimes severe radiculomyeloencephalitic forms. The origin of these occasionally massive infections is the giant African snail Achatina fulica. For a child with meningitis living in Reunion or Mayotte, or coming back from these 2 islands, Angiostrongylus cantonensis infection must be evoked, especially if there is a blood eosinophilia. Since efficiency of antiparasitic treatment is nowadays not proved, information must be given to people living in exposed areas in view to limit incidence of this disease.
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