Les travaux qui sont développés actuellement dans le programme ROVERTA (1) du CNRS sur l'identification du risque épidémiologique pour la trypanosomose américaine au Panama permettent d'émettre l'hypothèse que les zones de pâturages et les aires péri-urbaines après déforestation sont les zones à risque pour la transmission de la maladie de Chagas (14). En effet, il semblerait que les espèces de palmiers du complexe Attalea sont les principaux biotopes des punaises hématophages du genre Rhodnius (Hemiptera : Reduviidae) et que les densités des insectes varient fortement en fonction du paysage où sont localisés ces palmiers (8). De plus, les taux d'infection par Trypanosoma cruzi observés chez ces populations naturelles d'insectes sont très élevés (entre 20 et 50 %).

Il s'agit donc, dans cette étude, d'analyser la dynamique des populations de ces punaises hématophages en relation avec les modifications démographiques d'une population naturelle de palmier - Attalea speciosa - dans différentes unités de paysage, conséquence de la déforestation massive dans un front pionnier en forêt amazonienne. Ceci conduirait à élaborer une carte préliminaire des zones à risque, à échelle locale, pour la maladie de Chagas.


(1) ROVERTA (Red de observatorios de vigilencia eco-epidemiologica regional de la tripanosomosis americana), programme de coopération scientifique entre le centre national de la recherche scientifique en France et l'université de Florida State au Panama (PEVS-CNRS), Groupe emergent environnement-santé, Laboratoire de géographie physique, Meudon (CNRS)